Depuis mai 2024 et jusqu’en décembre 2026, l’étude Mentalo interroge, plusieurs fois par an, plus de 20 000 jeunes, âgés de 11 à 24 ans, sur leur bien-être mental. Ce projet relève de l’initiative du laboratoire Eceve, unité de recherche sous la double tutelle de l’université Paris Cité et de l’Inserm. Dirigé par Karine Chevreul, professeure de santé publique, codirectrice ECEVE-Inserm et membre du collège de la Haute Autorité de Santé (HAS), il bénéficie de financements du ministère de la Santé, de l’Inserm et du Mécénat des mutuelles AXA. Signe particulier de cette enquête : dès sa conception, plus de 300 jeunes et professionnels ont été impliqués dans la création des questionnaires, des outils de recueil et même du nom et du logo de l’étude.
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D’un côté, la santé mentale est décrétée « grande cause nationale » pour la 2e année consécutive en France. De l’autre, le mal-être des jeunes préoccupe de plus en plus. C’est dans ce contexte que viennent d’être présentés les résultats de l’étude Mentalo, initiée en mai 2024 par l’équipe de recherche ECEVE-Inserm. Celle-ci a pour objectifs de mesurer le « bien-être mental » des jeunes âgés de 11 à 24 ans, mais aussi d’en suivre l’évolution pour comprendre ce qui l’impacte, ce qui les rend mal et ce qui leur permet d’être plus résilients ou plus vulnérables
Le mal-être augmente avec le passage au lycée
Principaux résultats de ces travaux au long cours ? Un tiers des jeunes présentent des signes de détresse psychologique, de type anxio-dépressif modéré à sévère (DMS). Avec des filles presque 2 fois plus touchées que les garçons. Un mal-être qui augmente avec le passage au lycée – près de deux tiers des collégiens disent aller bien (63 %) voire très bien, quand ce chiffre est réduit à la moitié des lycéens (50 %) –, mais aussi avec la position économique et sociale ressentie. Autres constats : près d’un jeune sur deux se sent seul et plus le temps passé devant les écrans augmente, plus le risque de présenter une détresse psychologique est élevé – les plus jeunes étant les plus vulnérables –. À l’inverse, la pratique d’activités sportives ou culturelles améliore leur bien-être.
La scolarité impacte la santé mentale
Selon l’étude Mentalo, un jeune sur 5 identifie la raison de l’évolution de sa santé mentale. Dans 57 % des cas, une seule cause est identifiée, deux causes dans 27 % des situations et trois dans 11%. La scolarité est pointée du doigt : un événement en lien avec cette scolarité intervient dans un tiers des cas (34 %). C’est même la 1ère cause de l’évolution de leur santé mentale. Son influence est plus importante s’il s’agit d’une dégradation (52 %) plutôt que d’une amélioration (34,9 %). Arrivent ensuite les relations avec l’entourage, la relation amoureuse et l’actualité.
Des écrans pas si innocents…
De premiers résultats présentés en 2025 avaient permis d’identifier des facteurs associés à la santé mentale, dont le sentiment de solitude, la position socio-économique ressentie, les relations au sein de la famille proche ou encore l’utilisation des écrans. Une analyse plus récente s’est focalisée sur cet usage des écrans, en prenant en compte également les caractéristiques socio-démographiques des individus et leur statut par rapport à la solitude. Le résultat : plus le temps passé devant les écrans augmente, plus le risque de présenter une détresse psychologique est élevé. Les plus jeunes étant plus vulnérables. À terme, l’objectif de l’étude Mentalo vise à « dé-stigmatiser » la thématique de la santé mentale auprès des jeunes. Ses résultats doivent également permettre de mieux comprendre les leviers du bien-être mental, construire des recommandations et nourrir les politiques publiques de santé mentale.



