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« L’Enclos », ou le regard d’un homme de scène sur la toxicomanie de son frère

Auteur, acteur et metteur en scène, Julien Gallix a écrit la pièce « L’Enclos ». Celle-ci raconte le parcours de Grégoire, un jeune homme confronté à une addiction aux drogues dures. Une réalité face à laquelle sa famille se sent impuissante… Cette histoire est inspirée de celle d’Hugo, le frère aîné de Julien Gallix. Un parti pris narratif fort de la part de l’artiste, conjugué à une envie de témoigner, informer, prévenir.

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Originaire de Montpellier, Julien Gallix aurait pu devenir rugbyman – il a joué en semi-pro – ou encore juriste – il est passé par la fac de droit –. Mais, finalement, rien de tout ça. Après une année en Irlande, il rentre à Paris où il s’inscrit au Cours Florent, avant d’intégrer le Studio Esca, une école supérieure d’art dramatique à Asnières. C’est là qu’il va croiser la route de Léa Constance Piette, apprentie comédienne à la même époque. « Dans cette école, on s’essaie aussi à l’écriture et à la mise en scène », détaille Julien Gallix. Une initiation qu’il perçoit comme « une autorisation à écrire ». Et il ne va pas s’en priver, d’abord avec un « seul en scène », puis avec la pièce « L’Enclos », où il raconte le parcours de Grégoire, confronté à une addiction aux drogues dures. Un personnage inspiré par son propre frère, Hugo. « Si tu veux parler du monde, parle de ton village, disait Tolstoï. Je suis parti de cette maxime pour écrire mon histoire familiale », confie Julien Gallix.

« Les plus proches sont les moins habilités à venir en aide… »

Curieux, méticuleux, précis, Julien Gallix a bâti une pièce très documentée sur la thématique de l’addiction. Ses sources d’inspiration ? Le témoignage de son frère et la relecture du texte – écrit en une année – par un médecin de l’hôpital Sainte-Anne. « Je voulais partager une certaine connaissance de cet univers, en plus de mon ressenti, de mes souvenirs, des partages avec le corps médical et avec mon frère », explique l’auteur de « L’Enclos ». Le tout avec un constat qui sert d’ossature à la pièce : « Les plus proches sont les moins habilités à venir en aide… »

« Le sujet de l’addiction fait écho à nos doutes, à nos réussites, à nos peurs… »

Côté mise en scène, Julien Gallix a travaillé avec Léa Constance Piette, elle aussi multicarte au théâtre et première lectrice de « L’Enclos ». Ensemble, ils ont opté pour camper l’action dans deux lieux – un centre de désintoxication et la maison familiale de Grégoire –, mais sur une même scène. Grégoire joue donc double « je », avec deux comédiens pour l’interpréter dans les deux décors. Il oscille ainsi entre phases de détresse et périodes plus joyeuses, à l’instar de ce que Julien Gallix a pu observer avec son frère. « Le sujet de l’addiction fait écho à nos doutes, à nos cauchemars, à nos réussites, à nos peurs… », confie l’auteur de « L’Enclos ». En traitant de la toxicomanie, il évoque aussi le mensonge, le déni, l’idée de tomber… pour mieux se relever ? « Au théâtre, nous sommes dans ce même exercice d’équilibriste », reconnaît Julien Gallix.

Une pièce déjà récompensée

« L’Enclos » a fait mouche face au jury du Prix Théâtre 13, composé d’une douzaine de professionnels de la scène. Quelque 200 projets au départ, trois seulement récompensés, dont le travail de Julien Gallix et Léa Constance Piette. Avec une note d’intention d’une dizaine de pages, une maquette de trente minutes du spectacle – réalisée en deux mois chrono – et une équipe ramassée, issue du Studio Esca, la pièce a plu et obtenu le Prix Nouveau Théâtre de l’Atalante 2026. Si bien qu’elle sera jouée au Théâtre 13 / Glacière, à Paris, les 30 novembre et 1er décembre 2026 (réservation ICI). Puis le 12 décembre 2026 à Epinay-sur-Seine, le 4 mai 2027 à Saint-Cloud, le 27 mai 2027 à Charenton-le-Pont et, en octobre 2027, au Nouveau Théâtre de l’Atalante, à Paris. Julien Gallix et Léa Constance Piette espèrent ne pas s’arrêter en si bon chemin. Ils aimeraient également monter « L’Enclos » dans une logique de prévention, en particulier face à un jeune public.

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